RENAISSANCE DU CONGO (12.D.G.P.D)

RENAISSANCE DU CONGO  (12.D.G.P.D)

Kignoumbi fait son méaculpa : VERITE OU RUSE

Publié le 19.04.2011

 

 

Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, vice-président de l’U.pa.d.s, député de la première circonscription de Sibiti (Lékoumou) et, actuellement,  deuxième secrétaire du bureau de l’assemblée nationale, a animé, samedi 9 avril 2011, à l’hôtel Olympic Palace, à Brazzaville, une conférence de presse sur le thème: «Regard croisé sur l’actualité nationale et internationale». A cette occasion, l’orateur a dressé un tableau sombre de l’action du gouvernement, après dix-neuf mois d’exercice. Par ailleurs, il a décliné sa vision du Congo qui, selon lui, doit être refondé, pour aller à la modernité, et donné son analyse sur l’actualité internationale, particulièrement dans le Maghreb et en Côte d’Ivoire.

 

 

Dans un langage franc, teinté, parfois, d’ironie, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, dans un air détendu, a, d’emblée, précisé qu’il ne parlait pas au nom de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), son parti politique dont il est l’un des vice-présidents, ni en tant que deuxième secrétaire de l’assemblée nationale. Mais, en homme politique et ancien candidat à l’élection présidentielle. «Je prends la veste de personne, sinon que ma propre veste», a-t-il dit.

Très critique, dans son langage, le député de Sibiti, parlant de l’action du gouvernement, a indiqué qu’il est difficile que le «Chemin d’avenir» apporte, dans l’immédiat, des solutions aux problèmes existentiels, à cause du laxisme et du manque de volonté de ceux qui sont censés mettre à exécution ce projet de société du président de la République.

Pour expliciter son point de vue, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a pris des exemples concrets qui reflètent, selon lui, la triste réalité de la vie de la majorité des Congolais. Sur le plan social, par exemple, tout en louant les efforts faits dans le domaine de l’eau et de l’électricité, il a, malheureusement, fait savoir que la vétusté du réseau électrique, caractérisée par l’inadaptation des transformateurs de courant, doit encore condamner les Congolais à prendre leur mal en patience. «Voilà des choses qui auraient dû être faites en amont ou de manière concomitante avec la construction du nouveau barrage. Tout ceci, pour dire que nos projets sont mal menés», a-t-il souligné.

S’agissant de l’emploi, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou a estimé qu’il n’y a pas de véritable politique nationale en la matière. «D’après les statistiques, à Brazzaville et Pointe-Noire, 26% des jeunes dont l’âge varie entre 15 et 29 ans, étaient au chômage, en 2009. Cette masse des diplômés sans emploi s’allonge, chaque année. Où sont donc les 40.000 emplois à créer chaque année qu’on nous avait promis, en 2002?», s’est-il interrogé.

Dans ce même élan, il a fait savoir qu’à cause de l’inefficacité de l’administration congolaise, la simplification des procédures d’admission à la retraite, annoncée en 2007 et devant aboutir sur son automatisation dès janvier 2008, «n’est toujours pas effective».

Par ailleurs, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a manifesté son amertume sur l’application de la nouvelle grille salariale des agents de l’Etat qui, selon lui, «donne au fonctionnaire l’illusion qu’il voit 10.000 francs s’ajouter sur son ancien salaire. En réalité, l’Etat accorde les 10.000 francs en contrepartie d’un retrait de points sur l’ancien indice du fonctionnaire, ce qui est contraire à la loi, en termes de droits acquis».

Sur le plan politique, le conférencier a reconnu que l’opposition est en recul constant, en termes de capacité à constituer une véritable contrepartie face au gouvernement. «Aujourd’hui, le sentiment qui prédomine, en ce qui concerne les rapports au sein de la classe politique, entre l’opposition et le pouvoir, est la méfiance», a dit Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou. Ce sentiment de méfiance est cultivé par le manque d’un cadre de concertation même informel, au sein de la classe politique, pour tenter de corriger les erreurs du passé. «Nous ne sommes qu’à un an des prochaines élections législatives, mais rien n’est encore entrepris pour que la classe politique accorde ses violons», a-t-il souligné, tout en critiquant le recensement administratif lancé par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation. «La manière dont se fait le recensement n’est pas bonne. Il faut qu’on appelle les partis politiques, pour leur dire qu’un recensement se fait, et si on peut le faire de manière consensuelle, c’est bien, pour que nous ayons, tous, la maîtrise du corps électoral, afin d’éviter les conflits post-électoraux», a-t-il déclaré.

Abordant le volet économique, l’orateur a dit que l’environnement est miné par plusieurs problèmes, à l’image de l’ensemble de la situation nationale.

Faisant le point de ce tour d’horizon, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a, simplement, conclu: «Le Congo est malade à tous points de vue». Conscient de cet état de fait, l’orateur a estimé que le temps est arrivé de prendre des décisions radicales, pour préparer les lendemains meilleurs. A ce titre, il  propose d’aller à une refondation du pays qui passe par six grands chantiers, à savoir:  la refondation de l’environnement politique et institutionnel; de l’environnement économique; du système éducatif; du système de santé; de la stratégie de mise en place des infrastructures routières et de la stratégie d’assainissement de la gestion des finances publiques.

Interrogé sur la crise qui secoue son parti, l’U.pa.d.s, le conférencier a répondu que c’est une simple incompréhension qu’il ne faut pas dramatiser. «Nous sommes en train de partir vers l’unité du parti. Car, la force de l’U.pa.d.s ne viendra que parce qu’elle sera unie. A ce moment-là, de la force du parti viendra celle de l’opposition».

Sur les questions internationales, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a indiqué que les bouleversements qui secouent le monde arabe et la Côte d’Ivoire doivent interpeller les acteurs politiques africains, d’une manière générale, et, plus particulièrement, «les classes politiques au pouvoir, pour être véritablement à l’écoute de leurs peuples; respecter les règles de jeu établies et ne pas tenter de les modifier, au gré de leurs intérêts égoïstes. D’une manière générale, je soutiens toutes les forces pacifiques d’autodétermination des peuples à aller vers la démocratie».



19/04/2011
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